
Plaiderez-vous pour la construction, dès la première phase de la construction du tram, d’une boucle centrale épousant approximativement le tracé de l’actuelle ligne 4 ?

La boucle, desservant Outremeuse, le Longdoz et les Vennes, est indispensable si l’on ne veut pas dégrader le service actuel pour les utilisateurs de la ligne 4 (la plus fréquentée de Wallonie). Cette boucle centrale permettra aussi et surtout de donner une cohérence au réseau en obtenant des fréquences doublées sur son tracé (ce qui fera mieux correspondre l’offre à la demande) et en réduisant les ruptures de charge (les lignes de chaque antenne parcourant une grande partie de la boucle et amenant les usagers au plus près de leur destination finale ou de leur correspondance). À nos yeux, elle est en conséquence indispensable dès la première phase et mérite, si nécessaire, une extension du budget prévu.
Les réponses des partis politiques

La réponse du CDH
Le retour du Tram à Liège impose « naturellement » la réalisation prioritaire de la ligne
de vallée. Pour autant, les besoins actuels justifient aussi la réalisation d’une ligne Est-
Ouest reliant Fontainebleau au quartier du Longdoz. Cette deuxième ligne est
d’ailleurs déjà étudiée sous l’égide du GRE comme l’a organisé le Gouvernement
wallon. À ce stade, concentrer nos énergies collectives sur ces lignes prioritaires nous
semble relever de la bonne gouvernance. Sans parler déjà d’un « bouclage », la
desserte optimale de la zone du centre-ville et la question du franchissement de
Meuse doivent cependant être considérées dés maintenant.

La réponse du MR
La construction en croix du tram est à mes yeux indispensables. Les premières ébauches de tracé du tram qui nous ont été proposées en février dernier ne proposent qu’une ligne entre Herstal et Seraing longue de 17,5 kilomètres. Or, l’axe Ans-Fléron permettrait de former une véritable croix reliant les 4 pôles majeurs aux abords de Liège. Les lignes de bus, actuellement en étoile, seraient alors repensées pour amener les utilisateurs sur ces deux grandes lignes principales. Un tel schéma permettrait donc de desservir une grande partie de l’actuel tracé du 4, le reste étant desservi par les bus qui ramènent vers les lignes de tram.

La réponse du PC-GE
Nous sommes opposés à l’idée d’une seule ligne de vallée. Nous proposons de construire en une seule phase 2 lignes de trams (Flémalle-Herstal et Ans-Fléron/Soumagne) formant un réseau en croix ainsi qu’une boucle en centre ville sur le trajet actuel du bus « 4 ».
Nous sommes farouchement opposés à la privatisation larvée des transports en commun via le recours au partenariat public-privé (PPP). Outre qu’ils tuent la notion même de service public, les PPP mettent très rapidement en danger les finances publiques (le partenaire privé veut un important retour sur investissement) ainsi que cela peut se constater aujourd’hui dans le secteur de la santé en Grande-Bretagne. Les PPP sont une conséquence du pacte de stabilité européen qui interdit l’endettement public mais autorise cette forme d’endettement caché. Nous sommes opposés à ce pacte qui vise à pousser à la privatisation de nos services publics. La crise actuelle démontre chaque jour combien il est essentiel d’avoir des services publics forts qui stabilisent l’économie et nous protègent de la stricte logique du marché et du profit. On voit par exemple combien l’absence d’un réel secteur bancaire public pèse sur l’économie réelle. De manière générale, nous prônons des services publics plus fors pour une société plus juste.
Concernant le tram, nous proposons d’utiliser pour celui-ci les moyens publics prévus pour la liaison CHB.

La réponse d’Ecolo
C’est l’objectif poursuivi depuis 2004 par ECOLO, dans la foulée de l’étude Sémaly-Transitec de 2001. L’avantage en termes de qualité de service est très important car cette boucle centrale permettra de multiplier les possibilités de correspondances aisées et mettra fin à la pléthore de terminus centraux, séparés de plusieurs centaines de mètres qui handicapent fortement la traversée de la ville. Ce tracé obligera aussi à repenser dès aujourd’hui le partage de l’espace public au centre ville, beaucoup trop accaparé par la voiture. L’argument financier de la rentabilité du réseau tram pencherait aussi en cette faveur d’autant que cette boucle permettrait dès la première phase du projet de construire des ramifications courtes vers la place Saint-Nicolas, Droixhe, etc.

La réponse du PS
D’abord, félicitons-nous de la décision du Gouvernement Wallon sur le retour du tram à Liège ! Cette décision ne serait pas intervenue sans la mobilisation de la Conférence des Bourgmestres qui a adopté une prise de position forte dès fin 2006 : « les Bourgmestres des 24 communes demandent le retour du tram dans l’agglomération liégeoise ». Cette prise de position est issue des données chiffrées montrant que nous allons, sur base de l’augmentation du nombre de voyageurs du TEC, vers l’asphyxie. Elle manifestait aussi la nécessité d’apporter un changement radical dans l’approche de la mobilité au niveau liégeois.
Le Gouvernement Wallon, en concertation avec les villes et communes, a adopté 3 décisions complémentaires :
— La réalisation d’une première ligne desservant Jemeppe-Liège-Herstal. Les études montrent que c’est dans la vallée qu’il y a, de loin, le plus de voyageurs (3500 voyageurs/h dans chaque sens).
— L’étude d’une deuxième ligne allant d’Ans à Chénee. Cette étude doit identifier où et comment sera traversée la Meuse. La Ville a obtenu des moyens pour lancer cette étude dès l’été 2009.
— L’étude des possibilités offertes par les lignes ferroviaires existantes, en particulier la 125A pour desservir les quartiers d’habitat d’Angleur à Flemalle.
Par ailleurs, le tram ne signifie pas la fin des bus. Au contraire, il s’agira de redéployer les bus existants dans les quartiers populaires non traversés par le tram et d’envisager des bus plus petits, moins polluants et plus souples pour rabattre vers le tram. C’est dans ce cadre que des réponses seront données aux quartiers actuellement desservis par la ligne 4.

La réponse du RWF
Dès fin 2006, les 24 bourgmestres de l’arrondissement de Liège se prononçaient pour le retour du tram à Liège. Le Gouvernement wallon embraya. Nous nous réjouissons de cette belle unanimité. La priorité doit être donnée à la boucle qui correspond à peu près au trajet de la ligne 4.
Dans un second temps, priorité à la ligne de la vallée Jemeppe – Herstal, puis quand les budgets le permettront d’un axe Ans – Chênée puis Chênée – Fléron.
Nous tenons à un financement public parce que nous voulons garder un service public et garder la maîtrise du prix des voyages. Nous craignons de revivre l’expérience des années 80 où les études nombreuses et coûteuses d’un T.A.U (transport automatique urbain à l’instar du VAL qui relie Roubaix à Lille) ont mangé une bonne part des crédits pour finalement ranger le projet au placard.
Aurons-nous les moyens de nos prétentions ? Là aussi nous avons des doutes quant au financement de telles réalisations. L’Europe prévoit-elle ce type de financement ? Sinon, l’Etat fédéral belge ?
Il ne faut pas y compter. Il gère le quotidien quand il le peut mais il est dans l’incapacité de formuler des projets. La Région Wallonne fera ce qu’elle pourra.
Seul un Etat comme la France sera en mesure de doter la Communauté Urbaine Liégeoise à hauteur de ses projets. Pour la liaison de la vallée, nous pensons qu’il est plus réaliste d’utiliser les lignes de chemin de fer existantes peu utilisées. Nous pensons aussi qu’une diminution significative du trafic de véhicules privés en ville passe par une réduction du prix des voyages et des abonnements. Lorsque la différence entre le prix du voyage en voiture et le transport public sera élevée, le choix du transport en commun l’emportera.
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