
Êtes-vous favorable à la mise en place d’une communauté urbaine dans l’agglomération liégeoise ? Selon quelles modalités ?

L’agglomération liégeoise a raté sa fusion des communes. Il manque aujourd’hui une institution permettant de prendre des décisions et de donner des orientations à l’échelle de la ville morphologique. Les communes sont trop petites (même la ville de Liège) et la Région wallonne est souvent trop éloignée. La communauté urbaine devrait selon nous être fondée sur un organe législatif composé d’élus directs, à la proportionnelle, délibérant publiquement. Elle devrait permettre une rationalisation des trop nombreuses et trop opaques intercommunales qui constellent le paysage institutionnel liégeois.
Les réponses des partis politiques

La réponse du PS
Le PS liégeois, sous ma présidence, a fait inscrire dans le programme du PS la nécessité de légiférer en la matière. Ma préférence va au modèle français, la communauté urbaine étant composée d’élus indirects. Mais peu importe la structure : cette instance, qui doit cumuler les avantages de la Conférence des Bourgmestres et ceux du GRE, doit permettre l’élaboration d’un projet d’agglomération dans quelques domaines-clés : aménagement du territoire (habitat, commerce, zone de développement), promotion internationale, mobilité, grandes infrastructures, fiscalité,…
Le projet durable d’agglomération devra être conçu de manière participative, à l’instar du Projet de Ville à Liège. Dans le schéma du PS, nous envisageons 3 communautés urbaines (Liège, Huy- Waremme et Verviers) qui, en fonction des enjeux et des matières, se coordonneront au niveau provincial. Pourquoi ? Parce que le territoire pertinent, c’est-à-dire le bassin de vie, recouvre +/- les limites des arrondissements (ex : le tram est un enjeu qui concerne le territoire du seul arrondissement de Liège). Par contre, dans certains domaines, il est intéressant de pouvoir coordonner l’action au niveau de la Province et atteindre la taille d’1 million d’habitants.
En synthèse, pour la Communauté Urbaine, nous souhaitons agir au niveau des arrondissements et nous coordonner au niveau de la Province.

La réponse du MR
La proposition que nous avons présentée fin avril s’inscrit parfaitement dans cette logique de supracommunalité et va même plus loin que la « communauté urbaine » au sens classique du terme : le MR est partisan d’une communauté urbaine à l’échelle de la Province. Dans le monde actuel, les communes doivent se regrouper sous une coupole de décision commune qui leur permettra d’élaborer des stratégies transversales ce dont elles ne sont pas capables actuellement. Une telle réforme passera également par une rationalisation des institutions para communales trop nombreuses. Ce centre de décision serait composé d’élus communaux.
Une telle structure représenterait donc un million d’habitants et permettrait d’élaborer des politiques transversales en matière de centres hospitaliers, de commerce, de tourisme, de mobilité et notamment le tram.

La réponse du CDH
La cohérence territoriale nécessite aujourd’hui la création d’un nouveau cadre de
planification entre l’échelle régionale et l’échelle communale. La mise en place
d’une communauté d’agglomération est donc devenue une évidence. Nous en
sommes convaincus et, à Liège, Michel Firket a provoqué depuis plusieurs années
déjà la coopération et la fédération des élus en charge de l’urbanisme dans les
communes de l’arrondissement. Leurs travaux ont fait émerger le PUM bien sûr, mais
surtout une vraie convergence d’opinion (ce n’était pas forcément prévisible), une
volonté collective et les prémisses d’une identité d’agglomération ; la conscience
d’un territoire partagé et dépassant l’incohérence des limites communales. Il faudra
aller plus loin encore et des modèles existent, notamment en France, pour avancer
tout en se préoccupant de la multiplication des niveaux de pouvoir.

La réponse du PC-GE
Le PC est favorable à la disparition des provinces, subsistance inadaptée de la Belgique pré-régionale. Dans le même temps, nous sommes favorables à l’émergence de structures de type « communautés urbaines » mieux adaptées aux bassins de population et aux bassins économiques afin d’arbitrer et d’organiser une série de problématiques locales qui dépassent le cadre communal, à savoir notamment : l’aménagement de l’espace et les transports urbains (notamment le tram et le REL) ; la gestion de l’habitat (notamment l’habitat social) ; les services d’intérêt collectif (eau, gestion des déchets, lutte contre la pollution de l’air et les nuisances sonores,…) ; le développement et l’aménagement économique, social et culturel : zones d’activité (par exemple le trilogiport), équipements divers (salle de spectacle, stade, patinoire, centres commerciaux,…).
Partisans de la démocratie participative, nous prônons la présence dans ces structures à construire, outre des conseillers communaux des diverses communes, d’organisations citoyennes impliquées dans les diverses matière (et ce avec un certain pouvoir d’intervention). Le but est de coller au plus près aux réalités ce qui n’est pas toujours le cas des élus.

La réponse d’Ecolo
ECOLO a depuis plus de dix ans dans son programme la réorganisation générale du territoire autour de communautés de communes — rurales et urbaines — correspondant aux bassins de vie, reconnues par décret comme outil privilégié de coopération et de gestion des intérêts supra-communaux et élues directement. Ce chaînon manque actuellement, ce qui explique très certainement pourquoi les projets urbains sont si rarement développés à la bonne échelle et au bon endroit. Cette restructuration devra faire l’objet d’une planification progressive, supprimera les provinces en redistribuant leurs outils, leur savoir faire et leur personnel au profit d’une réorganisation plus claire et d’une amélioration du service aux citoyennes et citoyens.

La réponse du RWF
La création d’une Communauté urbaine à Liège est le cadre nécessaire à l’épanouissement d’une ville nouvelle, c’est elle qui va conditionner nos réponses à toutes les autres questions que vous posez. Elle touche également pour nous à d’autres institutions dont l’existence, les compétences, et le financement devront être revus. Nous pensons ici aux Intercommunales, à la Province, à la Région, à l’Etat fédéral, sans oublier le rôle que joue l’Europe dans l’initiation de grands travaux et surtout dans leur financement.
Tout naturellement, nous allons voir chez nos cousins français ce qui se passe. Nous savons que les villes françaises ont pris plus de 20 ans d’avance en matière de politique de la ville. Lille, Valenciennes, Metz, Nancy sont autant d’exemples de réussite. Grâce à des transferts importants de compétences et de financement venant des Communes, du Département, de la Région et d’une dotation de l’Etat central français.
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