
Pensez-vous que l’étalement urbain représente une menace ? Si oui, quelles sont vos propositions pour contrer cette tendance ?

Le territoire est rare et son usage doit être parcimonieux. Certains de ses usages (terres agricoles, pâturages, vergers, forêts, zones naturelles) sont plus fragiles que d’autres et doivent être protégés. En outre, l’étalement urbain représente une menace majeure pour l’avenir, en augmentant notre dépendance collective à la voiture individuelle. Ce phénomène est aussi vecteur d’injustice sociale, notamment en fragilisant la ville et ses diverses fonctions sociales. Les réponses sont connues : urbaniser d’une manière nettement plus dense (mitoyenneté, étages, urbanisme « en chapelets »,...), favoriser la qualité de vie en ville, mettre un frein à l’inflation automobile,... Êtes-vous prêts à les appliquer ?
Les réponses des partis politiques

La réponse du RWF
Les zones V (naturelles et forestières) doivent être protégées au maximum.
Au nom de nos principes 2, 3 et 4 (voir préambule), nous prônons une politique volontariste du bien vivre en ville (réhabilitation de toutes les surfaces habitables au-dessus des commerces avec astreintes pour les propriétaires).
Quota de logement social à respecter dans chaque commune de la Communauté urbaine.
Une des tâches principales de celle-ci sera de régler les équilibres entre centre-ville et périphérie.
La loi de solidarité et renouvellement urbain de 2000 en France a mis en place les P.L.U. (plans locaux d’urbanisme) qui offrent une véritable boîte à outils pour éradiquer les chancres de ruines urbaines encore trop nombreuses dans nos villes wallonnes.

La réponse d’Ecolo
Si aujourd’hui on s’intéresse enfin à l’épuisement des ressources énergétiques, l’épuisement de la ressource terrienne ne semble pas encore émouvoir suffisamment pour que des mesures sérieuses soient prises. Depuis les années 80, en moyenne, chaque jour 5,5 Ha sont urbanisés en Wallonie. Or la ressource en terre, le territoire, est épuisable et il importe donc de le protéger directement. De plus, une urbanisation sur-consommatrice d’espace induit une série de conséquences néfastes en cascades : diminution de la biodiversité, de la qualité des paysages, augmentation de la mobilité voiture et de l’injustice sociale. ECOLO soutient un aménagement du territoire qui limite l’urbanisation lâche, éparpillée et les espaces résiduaires tout en augmentant la qualité des espaces et de la vie en ville (densité qualitative). Le tout se base sur une utilisation efficace des infrastructures et espaces déjà urbanisés, dans la perspective d’une politique foncière qui prévienne les effets pervers d’un territoire encore plus disputé entre zones accessibles en voiture et celles qui le sont moins.

La réponse du PC-GE
On voit aujourd’hui une dualisation avec des communes riches en périphérie (où les taxes communales sont souvent plus faibles) et des grandes communes (Liège, Seraing, Herstal, Saint-Nicolas) pauvres au centre du bassin liégeois. Ceux qui en ont les moyens quittent le centre pour les communes plus bourgeoises de la périphérie. Pour éviter cela nous proposons :
— une politique du logement social beaucoup plus forte qui impose dans les faits à toutes les communes le même pourcentage de logements sociaux.
— la mise en place d’un mécanisme permettant une solidarité des communes périphériques vis-à-vis des communes plus pauvres et qui, étant centrales, doivent le plus souvent supporter l’essentiel des coups liés aux infrastructures utiles à tout le bassin de population. Un possible mécanisme serait un alignement des taxes communales avec reversement à un organisme central du surplus des communes périphériques.
— une politique active de « verdissement » des communes du centre afin de rendre celles-ci (et notamment la ville de Liège) plus agréables.

La réponse du CDH
Le développement du territoire, harmonieux, équilibré et durable, nécessite une
véritable politique de la Ville et plaide pour la reconversion, la réhabilitation et la
densification des ensembles bâtis et des sites désaffectés. Reconstruire la Ville sur la
Ville c’est notamment : densifier (de manière raisonnée, en considérant le contexte
et la localisation, en maintenant des espaces de respiration suffisants et en
poursuivant l’ambition d’un espace public de qualité. Projet Bavière ou Chartreuse
par exemple), recycler l’héritage du « tout à l’automobile » (percée Burenville-
Fontainebleau-Cadran ou boulevard « de l’automobile » par exemple), mettre en
place des transports publics forts, développer un politique foncière communale
active (comme la Ville le pratique déjà à Ste-Marguerite, Souverain Pont,
Outremeuse et en limitant la sur-division des immeubles), favoriser la mise en œuvre
des projets (mise en place d’outils concrets et réactifs : SAR, PRU) et créer une
agglomération effective.

La réponse du MR
Il est certain que la démocratisation de la voiture personnelle ces dernières années a permis un phénomène de périurbanisation. Mais on le sait, les coûts liés aux déplacements vont exploser dans les prochaines années et les personnes qui choisissent ce mode de vie doivent en être conscientes. Toutefois, le MR souhaite laisser le choix à tout un chacun de choisir son mode de vie. Il est évident que les personnes qui font ce choix ne peuvent s’attendre à retrouver les mêmes services et facilités que l’on trouve en ville. Néanmoins, la Ville de Liège a un défi majeur à relever dans les prochaines années : faire revenir des habitants en ville. Pour gagner ce défi, la Ville doit être « concurrentielle » au point de vue fiscal. Elle doit également axer sa stratégie sur les familles et offrir à celles-ci des services notamment au point de vue de l’accueil de la petite enfance et de la scolarité.

La réponse du PS
OUI, l’étalement urbain est une menace. Comment lutter ? Il faut développer une politique urbaine à l’initiative de la Région Wallonne, comme le fait déjà le fédéral avec le PFGV. Cette législature a été celle qui a initié le changement : zone franche urbaine, choix des dossiers FEDER dans une optique métropolitaine,…
Il faut poursuivre et amplifier en :
— Réintroduisant le tram ;
— Réalisant une rupture entre autoroute et ville ;
— Favorisant le vélo au cœur de la ville ;
— Créant des parkings de dissuasion ;
— Réorganisant la politique de stationnement ;
— Poursuivant la verdurisation de la ville ;
— Continuant la politique de réaffectation du patrimoine chaque fois que possible ;
— Réintroduisant l’activité économique en ville ;
— Encadrant plus strictement, sur l’agglomération, l’activation des zones d’habitat (les zacc) ;
— Appliquant un moratoire sur les grandes implantations commerciales ;
— …
En bref, en réalisant un projet d’agglomération, à l’échelle des 24 communes liégeoises.
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